Semi : chronique d'un scandale annoncé

Chapitre 6 - août 2012

On va dans le mur, résolument

Les comptes 2011 de la SEMI ont été publiés. On entend déjà un triomphalisme goguenard venant de ceux qui ne connaissent pas la finance d'entreprise. Une substantielle amélioration de la trésorerie est, en effet apparue, mais il s'agit d'un rideau de fumée : ce chiffre est assorti d'une astérisque qui précise en bas de page que ce résultat est "non récurrent et propre à l'exercice". Il ne faut pas rêver. La capacité de la SEMI à financer elle-même son cycle d'exploitation est de 758  000 Euros par an et l'annuité de remboursement de la dette en capital de un million d'euros. Tout le monde sait faire la différence. Cette différence est financée par la "dévolution", ces sommes qui viendront à devoir être payées par la Ville en fin de dévolution. Ces sommes se cumulent année après année. En 2011, elles ont augmenté de 335  597 Euros. Le Conseil Municipal n'est pas informé de la dette de la Ville ainsi accumulée par la Semi année après année.

Pour nous rassurer, le rapport de gestion de la SEMI pour 2011 présente un gigantesque tableur Excel indiquant les prévisions... Jusqu'en 2035. Comme si on pouvait prévoir 2035 ! Tous ceux qui ont un peu administré des entreprises reconnaissent là un cas d'école de "hockey stick forecsat" comme disent les anglo-saxons : aucune amélioration de l'autofinancement (donc dégradation de la trésorerie) jusqu'en 2016 puis, à partir de 2017 (qui peut faire des prévisions vraiment fiables à cet horizon ?), miracle, on peut autofinancer 200  000  Euros par an et on nous affirme même sans rire que ce sera 750  000 à partir de 2021 et -pourquoi pas pendant qu'on y est- un million à partir de 2024. C'est juste grotesque. Une prévision en "hockey stick" (ainsi appelée parce que la courbe a la forme d'une canne de hockey) est considéré par les analystes financiers comme le cache-sexe de l'incompétence des dirigeants d'une société. Cette année, c'est mauvais  ; sur un horizon prévisible, ce sera encore mauvais... Mais après, on rase gratis !

Le Maire a-t-il les compétences nécessaires pour être le PDG d'une telle société ? N'est-il pas en conflit d'intérêts ?

Voir aussi

chapitre 1"On se prépare"
chapitre 2 "Black-out sur la SEMI"
chapitre 3 "La tentation affairiste"
chapitre 4 "Le trou se creuse"

chapitre 5 "Enfumage"


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